Galop 6Connaissances
Sommaire
- 01BienvenuePrésentation
- 02Pied et ferrureConnaissances
- 03Les maladiesConnaissances
- 04Besoins et état corporelConnaissances
- 05La reproductionConnaissances
- 06Identifier un chevalConnaissances
- 07Le reculerConnaissances
- 08Qualités des alluresConnaissances
- 09Juger une repriseConnaissances
- 10Sur la main et impulsionConnaissances
- 11Le galop à fauxConnaissances
- 12Les enrênementsConnaissances
- 13Le travail sur le platÀ cheval
- 14Volet DressageÀ cheval
- 15Volet ObstacleÀ cheval
- 16Volet CrossÀ cheval
- 17Longe et longues rênesÀ pied
- 18Toilettage et soinsS’occuper du cheval
- 19RévisionsRévisions
Les besoins alimentaires et l’état corporel
Deux chevaux voisins de box n’ont pas les mêmes besoins. Comprendre ce qui les fait varier, puis vérifier du regard et de la main que la ration convient : c’est tout l’objet de cette page.
Au programme de l’examen
- Expliquer les variations des besoins alimentaires du cheval en fonction des différents facteurs à prendre en compte.Module commun B
- Évaluer l’état corporel d’un cheval (embonpoint, maigreur).Module commun B
Au Galop 4, vous avez vu ce que mange un cheval : des fourrages, des concentrés, des minéraux et de l’eau. Ses besoins — en énergie, en protéines, en minéraux, en vitamines et en eau — se composent de deux parts. Les besoins d’entretien lui permettent de vivre sans maigrir ni grossir : respirer, digérer, se tenir chaud, se déplacer au pré. Les besoins de production s’y ajoutent dès qu’il produit quelque chose : un effort, un poulain, du lait, de la croissance.
À retenir
Besoins totaux = besoins d’entretien + besoins de production. Un hongre adulte au repos n’a que ses besoins d’entretien à couvrir ; une jument qui allaite a des besoins de production considérables.
| Facteur | Ce qui change |
|---|---|
| Le poids | Les besoins d’entretien augmentent avec le poids : un cheval de 600 kg mange davantage qu’un poney de 300 kg. |
| Le travail | Plus l’effort est long et intense, plus il faut d’énergie : un bon foin suffit souvent au cheval de club au travail léger, pas au cheval de compétition. L’effort fait transpirer : les besoins en sel augmentent. |
| L’âge | Le jeune cheval a besoin de protéines et de minéraux pour bâtir ses os et ses muscles ; le vieux cheval mâche et digère moins bien et demande des aliments faciles à mâcher. |
| La reproduction | Les besoins de la jument augmentent dans les trois derniers mois de gestation, puis fortement pendant l’allaitement : une jument de selle qui allaite peut avoir besoin d’environ deux fois plus d’énergie qu’au repos. |
| Le climat | Par temps froid, le cheval dépense de l’énergie pour se tenir chaud, et c’est la digestion du fourrage qui le réchauffe. Par forte chaleur, il boit davantage : de 20 à 60 litres par jour selon l’effort et la ration. |
| Le mode de vie | Au pré, l’herbe couvre une grande partie des besoins au printemps, beaucoup moins en hiver. Au box, tout dépend de ce qu’on lui distribue. |
| L’individu | La race, le sexe, le tempérament et la santé comptent : certains poneys rustiques grossissent d’un rien, un cheval nerveux dépense davantage. |
Tout changement de ration se fait progressivement, sur plusieurs jours, pour laisser à la flore du gros intestin le temps de s’adapter. Les jours de repos, on diminue les concentrés : l’oublier est la cause classique du coup de sang. Le calcul précis d’une ration viendra au Galop 7.
Évaluer l’état corporel
L’état corporel mesure les réserves de graisse du cheval. On le note sur une grille de 1 (très maigre) à 5 (obèse), en affinant par quarts ou demi-points, en combinant le regard et la palpation : l’œil seul confond facilement le muscle et la graisse, et un poil d’hiver trompe.
1 — Maigre
2 — Mince
3 — Bon état
4 — Gras
5 — Obèse
Les sites à observer et à palper
- Encolure : le chignon, bord supérieur
- Garrot
- Ligne du dos
- Croupe
- Attache de la queue
- Côtes, sous le quartier de la selle : le site principal
- Arrière de l’épaule
- PréparerCheval calme, tenu en licol par un aide sur un sol plat, tête et corps droits. L’aide et vous restez du même côté.
- ObserverDe profil puis de derrière : le bord supérieur de l’encolure (le chignon), le garrot, la ligne du dos, les côtes, la croupe, l’attache de la queue.
- PalperMain à plat, faites rouler la peau sur les côtes à l’emplacement du quartier de la selle — c’est le site principal —, puis à l’arrière de l’épaule, sur le chignon, le garrot et l’attache de la queue. Appréciez l’épaisseur et la consistance de la graisse.
- NoterDonnez une note à chaque site, puis faites la moyenne. Recommencez chaque mois pour un cheval au travail : c’est l’évolution qui compte.
| Note | Ce que l’on voit et sent |
|---|---|
| 1 — très maigre | Côtes, colonne et pointes des hanches saillantes ; garrot décharné ; creux derrière l’épaule. |
| 2 — mince | Côtes visibles ou à peine couvertes, ligne du dos marquée, croupe anguleuse. |
| 3 — bon état | Côtes invisibles mais faciles à sentir, croupe ronde, chignon légèrement bombé. |
| 4 — gras | Côtes difficiles à sentir, garrot et épaule enveloppés, ligne du dos et pointes des hanches noyées. |
| 5 — obèse | Côtes impalpables sous un « matelas » de graisse, chignon très bombé, croupe double, bourrelets autour de l’attache de la queue. |
La note idéale dépend du cheval et de son travail : autour de 3 pour un poney, de 3 à 3,5 pour un cheval de dressage ou d’obstacle, de 2 à 2,5 pour un cheval de complet ou d’endurance. Trop gros, le cheval risque la fourbure ; trop maigre, il manque de réserves. On ajuste alors ration et travail, après avoir fait vérifier les dents, les vers et la santé.
Le mot du moniteur
« Il est juste bien en chair », disent souvent les propriétaires d’un cheval noté 4,5. Au Galop 6, votre main a le droit d’être plus franche que votre politesse.