Galop 4Connaissances
Sommaire
- 01BienvenuePrésentation
- 02La vie domestiqueConnaissances
- 03Identifier un chevalConnaissances
- 04Le livret signalétiqueConnaissances
- 05Les soins périodiquesS’occuper du cheval
- 06Normes et signes de maladieS’occuper du cheval
- 07Besoins et alimentsConnaissances
- 08Aliments à éviterConnaissances
- 09Le mécanisme du galopConnaissances
- 10Accord des aides et pliConnaissances
- 11Protections et membresS’occuper du cheval
- 12Les mors de filetConnaissances
- 13Le contactÀ cheval
- 14Posture à l’obstacleÀ cheval
- 15Posture et amplitudeÀ cheval
- 16Galop du pas, quarts de tourÀ cheval
- 17Le travail à piedÀ pied
- 18Sécurité et extérieurConnaissances
- 19Épreuves et révisionRévisions
Les conséquences de la vie domestique
Le cheval de club vit dans un monde conçu par l’homme. Savoir ce que ce monde lui retire — et ce qu’il lui apporte — explique une bonne part de sa santé et de son comportement.
Au programme de l’examen
- Expliquer les conséquences de la vie domestique sur le cheval ou le poney.Module commun B
Au Galop 3, vous avez vu comment vit le cheval à l’état naturel : en troupeau, sur de grands espaces, en passant l’essentiel de ses journées à brouter — de l’ordre de 15 heures sur 24 — et en marchant presque sans cesse. Son corps et son comportement sont faits pour cette vie-là. La domestication a changé son cadre ; elle n’a pas changé ses besoins.
Ce qui change
Moins de mouvement
Au box ou dans un petit paddock, il marche très peu. Or le mouvement entretient ses membres, sa digestion et sa circulation : trop longtemps immobile, il a les membres qui gonflent — on dit qu’ils s’engorgent — et arrive au travail plein d’énergie.
Ce qui change
Des repas au lieu d’un grignotage
L’homme lui sert quelques repas à heures fixes, souvent riches et vite avalés. Son petit estomac, fait pour recevoir peu mais souvent, supporte mal les longues heures à vide et les grosses rations : coliques et ulcères de l’estomac en sont des conséquences fréquentes.
Ce qui change
Moins de compagnie
Animal grégaire, il vit souvent seul dans son box, séparé de ses congénères ou changé de voisins. Privé de contacts, il peut devenir anxieux, agressif ou au contraire éteint.
Ce qui change
Un air et un sol confinés
Il respire la poussière du foin et de la paille, et l’ammoniac d’une litière sale, qui irritent ses voies respiratoires. Une litière humide abîme aussi la corne de ses pieds.
Au pré, en troupeau
La vie pour laquelle son corps est fait.
- Brouter, de longues heures
- Marcher, presque sans cesse
- Se toiletter entre congénères
Au box, seul
Ce qui lui manque, ou le gêne.
- Des repas espacés : la mangeoire vide
- Peu de mouvement : quelques pas d’un mur à l’autre
- La solitude : aucun congénère en vue
- La poussière du foin et de la litière
Quand le cheval supporte mal sa vie
Lorsque ses besoins ne sont pas satisfaits, un cheval peut développer des stéréotypies : des gestes répétés sans but apparent, toujours identiques. Ce ne sont ni des caprices ni des « vices », mais des signaux de mal-être.
- Tic à l’appui
- le cheval prend appui avec les incisives sur un rebord — porte, mangeoire —, contracte l’encolure et émet un bruit caractéristique, comme un rot.
- Tic de l’ours
- il se balance d’un antérieur sur l’autre, la tête oscillant de gauche à droite, souvent devant la porte de son box.
- Tic de déambulation
- il tourne en rond dans son box ou longe sans fin la clôture de son paddock.
- Rongeur de bois
- il mâchonne portes et barrières, bien souvent faute d’avoir assez de fourrage à mâcher.
Compenser ce qui manque
La vie domestique a aussi ses avantages : le cheval est à l’abri des prédateurs, nourri, abreuvé et soigné, et il vit souvent plus longtemps qu’un cheval sauvage. Le but n’est donc pas de le rendre à la nature, mais de compenser ce que son mode de vie lui retire.
- Du mouvement : une sortie quotidienne au paddock ou au pré, un travail régulier et varié, des jours de repos passés dehors plutôt qu’enfermé.
- Du fourrage : du foin disponible une grande partie de la journée, au besoin dans un filet à petites mailles qui allonge le temps de repas.
- De la compagnie : des voisins qui se voient et se sentent et, quand c’est possible, la vie en groupe au pré.
- Un logement sain : un box aéré sans courant d’air, une litière propre et peu de poussière.
- De la régularité : des horaires stables, car le cheval est très attaché à ses habitudes.
À retenir
Un cheval a besoin de bouger, de mâcher du fourrage longtemps et de vivre avec d’autres chevaux. Ce qui manque à sa vie domestique se paie en santé ou en comportement.
Erreur fréquente
Punir un cheval qui tique ou qui ronge sa porte. Le geste n’est que le symptôme : c’est la cause — ennui, manque de fourrage, isolement — qu’il faut traiter, avec l’aide de votre enseignant.
Le mot du moniteur
Un cheval qui s’ennuie au box ne lit pas de roman : il invente. Et ce qu’il invente — ronger la porte, tourner en rond — est rarement ce que vous auriez choisi pour lui.