L’alimentation du cheval : les aliments, les besoins et la ration
Nourrir un cheval, ce n’est pas remplir une mangeoire : c’est couvrir ses besoins avec trois familles d’aliments — fourrages, concentrés, compléments minéraux —, sans oublier l’eau, sous une forme que son petit estomac supporte. Voici les aliments de base, les quantités à retenir, les principes d’une bonne ration et ce que dit vraiment une étiquette.
Les cinq aliments de base du cheval

| Aliment | Ce que c’est | Comment le reconnaître |
|---|---|---|
| L’herbe | Les plantes du pré, broutées sur place. | Verte, fraîche, gorgée d’eau. |
| Le foin | De l’herbe fauchée, séchée au soleil puis pressée en bottes. | Vert pâle à vert-jaune, souple, avec des feuilles ; bonne odeur d’herbe sèche. |
| La paille | Les tiges des céréales, une fois les grains récoltés. Surtout une litière. | Jaune doré, brillante, tiges creuses et raides, sans feuilles. |
| Les céréales | Des grains — avoine, orge, maïs — entiers, aplatis ou concassés. | Avoine allongée et pointue ; orge renflée et dure ; maïs gros, jaune et arrondi. |
| Les granulés | Un aliment fabriqué : végétaux et grains broyés, pressés en bâtonnets. | Petits cylindres réguliers. |
Astuce
Foin ou paille ? Prenez-en une poignée. Le foin est souple, verdâtre et sent l’herbe ; la paille est jaune, luisante et craque entre les doigts.
Les trois familles d’aliments et les besoins du cheval

Les fourrages
Herbe, foin, paille, enrubanné, luzerne. Riches en fibres, ils forment la base de la ration : au moins 1 à 1,5 kg de fourrage sec par 100 kg de poids et par jour, soit 5 à 7,5 kg de foin pour un cheval de 500 kg.
Les concentrés
Céréales et aliments composés — granulés, floconnés. Beaucoup d’énergie sous un petit volume, seulement si le travail l’exige, en plusieurs petits repas.
Les compléments minéraux
Pierre à sel, seau à lécher, complément minéral et vitaminé (CMV). Le sodium du sel se perd dans la sueur ; les céréales, pauvres en calcium, se complètent par un CMV.
Quant à l’eau, propre et disponible en permanence, un cheval en boit de 20 à 60 litres par jour selon la chaleur, le travail et la ration : un cheval qui broute une herbe jeune boit moins qu’un cheval nourri au foin.
À retenir
Le fourrage d’abord, en quantité ; les concentrés seulement si le travail l’exige, en petits repas ; le sel et les minéraux en complément ; l’eau propre à volonté.
Astuce
Un litre n’est pas un kilo : un litre de granulés pèse nettement moins d’un kilogramme, et un litre d’avoine encore moins. Pesez une fois la mesure utilisée à l’écurie pour savoir ce que vous distribuez vraiment.
Distribuer les repas à l’écurie
- Connaître la rationChaque cheval a la sienne : quels aliments, en quelle quantité, à quelle heure. Suivez le tableau de l’écurie sans rien changer.
- VérifierUn aliment moisi, humide ou poussiéreux ne se distribue pas : mettez-le de côté et prévenez.
- Servir tout le monde en même tempsLe foin avant les céréales ou les granulés ; au pré, plus de tas de foin que de chevaux, bien espacés.
- ObserverUn cheval qui boude sa ration ou ne boit pas est peut-être malade : signalez-le.
Sécurité
Ne faites pas travailler un cheval dans l’heure qui suit un repas de céréales ou de granulés, et attendez qu’il soit calme et sec après un effort pour lui en donner.
Erreur fréquente
Ajouter une poignée de grain « parce qu’il a l’air d’avoir faim ». La ration est prévue pour ce cheval : trop de grain peut le rendre malade.
Les principes du rationnement
Rationner, c’est donner à un cheval ce dont il a besoin, ni plus ni moins. Les besoins se mesurent en UFC — l’unité fourragère cheval, pour l’énergie — et en MADC — les matières azotées digestibles, pour les protéines —, à partir du poids vif. Une jument de selle de 500 kg à l’entretien a besoin d’environ 4,1 UFC et 296 g de MADC par jour ; le travail, la croissance ou la lactation y ajoutent des besoins de production.

- Le fourrage d’abord : il couvre la plus grande part des besoins et occupe le cheval — 40 minutes pour manger 1 kg de foin, une dizaine pour 1 kg de granulés.
- Le concentré en complément, en fonction du travail réel, fractionné en au moins trois repas par jour.
- Des horaires réguliers, le fourrage avant le concentré.
- Changer progressivement : sur plusieurs jours pour un concentré, plusieurs semaines pour un nouveau fourrage ou la mise à l’herbe.
- De l’eau à volonté, et du sel ; un rapport calcium/phosphore entre 1,5 et 1,8.
- Des aliments sains : pas de moisissures, le moins de poussière possible.
Sécurité
Un jour de repos, on réduit le concentré : garder la ration d’un jour de concours expose aux coliques et au « coup de sang ».
Lire l’étiquette d’un aliment
Sur un sac d’aliment, les mots ne sont pas choisis au hasard : le droit européen en fixe le sens. Un aliment complet suffit seul à la ration — rare pour un cheval ; un aliment complémentaire n’assure la ration qu’avec le fourrage — c’est le cas de la plupart des granulés ; un aliment minéral contient au moins 40 % de cendres brutes ; un aliment diététique vise un objectif nutritionnel précis, pour une durée limitée.

La composition dit ce qui domine : si l’orge ou le maïs arrivent en tête, l’aliment est riche en amidon ; si ce sont la luzerne ou les pulpes, il est plus fibreux. Respectez la dose du mode d’emploi, surtout pour un aliment minéral : doubler la dose ne double pas les bienfaits.
Le mot du moniteur
Un sac qui promet à la fois la vitalité, la brillance, la souplesse et la sagesse est un sac bavard. L’étiquette réglementaire, au dos, est beaucoup moins poétique — et beaucoup plus utile.
Questions fréquentes
- Combien de foin donner à un cheval par jour ?
- Au moins 1 à 1,5 kg de fourrage sec par 100 kg de poids, soit 5 à 7,5 kg de foin pour un cheval de 500 kg. Un bon foin suffit souvent à un cheval au repos ou au travail léger.
- Combien d’eau boit un cheval par jour ?
- De 20 à 60 litres selon la chaleur, le travail et la ration ; en moyenne 20 à 40 litres. L’eau doit être propre et disponible à volonté.
- Faut-il donner des céréales à un cheval ?
- Seulement si le fourrage ne couvre pas ses besoins en énergie, ceux du travail surtout, et toujours en plusieurs petits repas. Une grosse ration d’un coup est une cause classique de coliques.
- Quelle est la différence entre foin et paille ?
- Le foin est de l’herbe séchée : souple, verdâtre, il nourrit. La paille est la tige des céréales : jaune, creuse et raide, elle sert surtout de litière.
- Pourquoi changer l’alimentation d’un cheval progressivement ?
- Parce que la flore de son gros intestin s’adapte à chaque ration et supporte mal les changements brusques : plusieurs jours pour un concentré, plusieurs semaines pour un nouveau fourrage.