Le sabot du cheval et la ferrure : du pied nu au travail du maréchal
« Pas de pied, pas de cheval », disent les anciens. Tout le poids du cheval repose sur quatre sabots qui amortissent chaque foulée. Savoir nommer les parties du sabot, comprendre ce qu’il y a sous la corne et reconnaître une bonne ferrure, c’est pouvoir dire précisément ce qui ne va pas — et savoir quand appeler le maréchal-ferrant.
Le pied et le sabot : à quoi servent-ils ?
Le pied est l’extrémité du membre ; le sabot en est l’enveloppe de corne, dure mais légèrement souple, qui protège les parties vivantes à l’intérieur — comme nos ongles protègent le bout de nos doigts. Le pied remplit trois rôles : il porte le poids du cheval, il amortit les chocs et il participe à la propulsion.

Les parties du sabot
- Couronne
- Bourrelet situé juste au-dessus du sabot, à la limite des poils. C’est là que naît la corne de la paroi, qui pousse vers le bas.
- Périople
- Mince bande de corne tendre et brillante sous la couronne ; elle limite le dessèchement de la paroi.
- Paroi
- Tout le tour visible du sabot, pied posé, divisée de l’avant vers l’arrière en pince, mamelles, quartiers et talons.
- Sole
- Plaque de corne légèrement creuse qui protège le dessous du pied.
- Fourchette
- Corne plus tendre en forme de V, pointe vers l’avant ; elle touche le sol à chaque foulée et participe à l’amortissement.
- Lacunes et barres
- Les lacunes sont les sillons de chaque côté et au milieu de la fourchette, où se logent terre et cailloux ; les barres, les replis de la paroi qui longent la fourchette.
- Ligne blanche
- Jonction entre la paroi et la sole : le repère du maréchal-ferrant pour placer les clous.
- Glomes
- Renflements souples qui terminent les talons, à l’arrière du pied.
À retenir
La paroi, de l’avant vers l’arrière : pince, mamelles, quartiers, talons. Le dessous : sole, fourchette, lacunes, barres, ligne blanche. À l’arrière : les glomes. En haut : la couronne et le périople.
L’intérieur du pied : os, chairs et amortisseurs

- Les os
- Le bas de la deuxième phalange, la troisième phalange — l’os du pied, en forme de petit sabot — et l’os naviculaire, placé en arrière, sur lequel glisse le tendon fléchisseur profond.
- Les tissus vivants
- La chair feuilletée accroche la paroi à l’os du pied ; la chair veloutée produit la sole et la fourchette ; le bourrelet de la couronne produit la paroi.
- Les amortisseurs
- Le coussinet plantaire, masse élastique au-dessus de la fourchette, et les deux cartilages complémentaires, qui prolongent l’os du pied vers les talons.
À chaque foulée, le poids fait descendre l’os du pied dans le sabot. Le coussinet plantaire, pressé entre l’os et la fourchette, s’aplatit et écarte les cartilages : les talons s’ouvrent légèrement, le choc est absorbé et le sang est chassé puis rappelé. Un pied dont la fourchette ne porte plus — talons trop hauts, fourchette pourrie — amortit mal et renvoie les chocs vers les articulations.
Pourquoi entretenir les pieds : parage et ferrure
La corne pousse sans arrêt, d’environ un centimètre par mois : il faut près d’un an pour que la paroi se renouvelle entièrement. En liberté, l’usure compense la pousse ; au travail et au box, ce n’est plus le cas. D’où l’entretien quotidien — curer avant et après le travail, laver, graisser — et le passage régulier d’un professionnel.
Le parage
Le maréchal-ferrant, ou un pareur, retire l’excès de corne et rééquilibre le pied. Un pied doit être paré régulièrement, qu’il soit ferré ou non.
La ferrure
Un fer, le plus souvent en acier, est fixé sous la paroi par des clous. Il protège la corne d’une usure trop rapide ; il peut aussi corriger un appui.
Pieds nus
Beaucoup de chevaux vivent très bien pieds nus, parés régulièrement, selon leur travail et la qualité de leur corne.
Astuce
En curant, vérifiez la ferrure : un fer qui bouge ou qui claque, un clou manquant, un rivet qui se relève, une corne qui déborde du fer. Signalez-le avant de monter : un fer arraché peut abîmer le pied.
Le fer et la bonne ferrure

Le fer est une bande de métal clouée sous la paroi : la pince à l’avant, les deux branches terminées par les éponges sous les talons, et les étampures, les trous où passent les clous. Le pinçon, petite languette relevée contre la paroi, empêche le fer de reculer. Un cheval est bien ferré quand :
- le fer est posé droit sous le pied, les branches de même longueur et bien à plat ;
- les éponges couvrent les talons, à égale distance de la fourchette ;
- les rivets sont alignés à la même hauteur, bien rabattus et lisses sous la main ;
- le pied reste dans l’axe du paturon, sans corne qui déborde.
En moyenne, on referre toutes les 6 à 8 semaines ; si les fers ne sont pas usés, le maréchal fait un relevage : il déferre, pare et repose les mêmes fers.
Les étapes du travail du maréchal-ferrant
- ObserverLe cheval à l’arrêt, puis au pas et au trot en ligne droite : aplombs, usure des fers, façon de poser le pied.
- DéferrerRedresser les rivets avec le dérivoir et le brochoir, puis décoller l’ancien fer avec les tricoises, sans arracher de corne.
- ParerRetirer l’avalure, la corne qui a poussé, au rogne-pied ; nettoyer sole et fourchette à la rénette ; égaliser l’appui à la râpe.
- Ajuster le ferFaçonner le fer sur l’enclume, à chaud ou à froid, jusqu’à ce qu’il épouse le contour du pied. À chaud, cela fume, mais la paroi n’est pas sensible.
- Brocher, couper, riverEnfoncer les clous : chacun entre à la ligne blanche et ressort sur la paroi. Couper les pointes, puis rabattre ce qui reste en rivets.
- Finir et contrôlerUn coup de râpe adoucit les rivets ; le maréchal fait marcher le cheval pour vérifier qu’il se déplace bien.
Sécurité
Une boiterie après la ferrure
Un cheval qui boite juste après avoir été ferré a peut-être été piqué : un clou a touché les tissus vivants. Prévenez aussitôt le maréchal, qui retirera le clou en cause.
Le saviez-vous ?
Les fers de compétition peuvent recevoir des crampons vissés, contre les glissades sur l’herbe. On les pose juste avant l’épreuve et on les retire juste après.
Questions fréquentes
- Quelles sont les parties du sabot du cheval ?
- La paroi — pince, mamelles, quartiers, talons —, la couronne et le périople en haut ; dessous, la sole, la fourchette, les lacunes, les barres et la ligne blanche ; à l’arrière, les glomes.
- À quoi sert la fourchette du sabot ?
- Elle touche le sol à chaque foulée et, avec le coussinet plantaire, amortit le choc et aide la circulation du sang dans le pied. Une fourchette qui ne porte plus amortit mal.
- Tous les combien faut-il ferrer un cheval ?
- Toutes les 6 à 8 semaines en moyenne, selon le travail et la pousse de la corne. Un cheval pieds nus doit être paré aussi régulièrement.
- Un cheval peut-il vivre sans fers ?
- Oui : beaucoup de chevaux vivent très bien pieds nus, parés régulièrement, selon leur travail, les sols et la qualité de leur corne.
- Pourquoi mon cheval boite-t-il après la ferrure ?
- Il a peut-être été piqué : un clou a touché les tissus vivants, ou passe trop près. Prévenez le maréchal-ferrant sans attendre.