Les types de mors : reconnaître chaque mors et comprendre son action
Le mors transmet la main du cavalier à la bouche du cheval. Il en existe des dizaines, mais tous se rangent en quelques familles : les mors de filet, qui agissent directement, et les mors à branches — bride, pelham — qui agissent par levier. Voici comment les reconnaître, à quoi sert chacun, et pourquoi le meilleur mors reste la main qui le tient.
Qu’est-ce qu’un mors ?
Un mors se compose d’un canon, la partie placée dans la bouche, et de deux anneaux — ou de deux branches — où se fixent les montants du filet et les rênes. Il repose sur la langue et sur les barres, l’espace sans dents entre les incisives et les molaires, et touche les commissures des lèvres. La forme des anneaux et celle du canon changent sa stabilité dans la bouche et sa façon d’agir.
- Mors de filet
- Il agit sans levier, dans le prolongement de la rêne, sur les commissures et les barres. C’est le mors d’usage de tous les cavaliers, du Galop 1 au Galop 7.
- Mors à branches
- Pelham, mors de bride : quand la rêne se tend, la branche bascule et agit par levier sur les barres, la langue, la barbe par la gourmette, et la nuque.
- Sans embouchure
- Le hackamore n’a aucun canon : il agit sur le nez et la ganache. On le rencontre surtout en extérieur et en équitation western.
Les mors de filet usuels
Tous les mors de filet se reconnaissent d’abord à leurs anneaux. Cinq modèles couvrent l’essentiel de ce que l’on croise dans une sellerie de club.

| Mors | Ce qui le fait reconnaître | Son effet |
|---|---|---|
| Mors à anneaux, ou mors simple | Des anneaux ronds qui coulissent librement dans le canon | Le plus simple : mobile, il laisse le cheval jouer avec son mors ; il peut pincer les commissures |
| Mors à olives | Des anneaux fixes, reliés au canon par une pièce en forme d’olive | Plus stable, il ne pince pas les lèvres |
| Mors Verdun | Des anneaux en forme de D | Leurs côtés plats appuient sur les joues : il aide à tourner |
| Mors à aiguilles | Une branche verticale — l’aiguille — de part et d’autre de chaque anneau | Très directeur, il empêche le mors de traverser la bouche ; très utilisé pour les jeunes chevaux |
| Mors Baucher | Un petit anneau fixe au-dessus de chaque grand anneau, où se boucle le montant | Très stable, avec un léger effet sur la nuque ; utile pour un cheval qui s’appuie |
Le saviez-vous ?
Le nom de Chantilly désigne tantôt le mors à anneaux, tantôt le mors à olives, selon les clubs et les fabricants. À l’examen, décrivez le mors plutôt que de vous fier à son seul nom.
Releveur et Pessoa : les mors de filet à action renforcée

Le releveur
Des anneaux percés où coulissent des cordelettes, les montants de releveur. Quand on agit, le mors remonte dans la bouche : un effet releveur pour le cheval qui pèse sur la main.
Le Pessoa
Plusieurs anneaux de chaque côté ; la rêne se fixe sur l’un d’eux. Plus elle est fixée bas, plus l’action est puissante.
Sécurité
Le releveur et le Pessoa ont une action puissante : ils sont réservés aux cavaliers dont la main est sûre, sur le conseil de l’enseignant, et souvent montés avec deux paires de rênes. En reprise de dressage, seuls certains mors sont autorisés : le règlement de la discipline en donne la liste.
Le canon : droit, brisé ou à double brisure
Deux mors aux mêmes anneaux peuvent agir très différemment selon leur canon. C’est lui qui répartit la pression sur la langue et sur les barres.
- Canon droit : d’une seule pièce, en métal ou en matière souple comme le caoutchouc. Il appuie surtout sur la langue.
- Canon à simple brisure : articulé en son milieu, c’est le plus courant. Il épouse la bouche mais, tiré fort, se referme en V sur la langue et les barres.
- Canon à double brisure : une petite pièce centrale entre deux articulations. Il pince moins la langue et convient à beaucoup de chevaux sensibles.
- Matière et épaisseur : acier inoxydable, caoutchouc, résine, cuivre… Un canon plus épais répartit la pression et se montre en général plus doux, à condition que la bouche ait la place de le recevoir.
La bride : deux mors aux effets opposés
Une bride complète porte deux embouchures, chacune avec sa paire de rênes : un mors de filet fin, appelé aussi bridon, et un mors de bride, un mors à branches muni d’une gourmette, la chaînette logée dans le creux de la barbe. C’est un instrument de précision, pas un frein plus puissant : on la réserve à un cavalier dont la main est indépendante et à un cheval déjà sur la main en filet.

Effet releveur
Le mors de filet
Il agit sur les commissures des lèvres, dans le prolongement de la rêne. C’est le mors du contact permanent et de la direction. Ses rênes, plus larges, se rejoignent par une boucle.
Effet fléchisseur
Le mors de bride
Il agit par levier : la branche bascule, le canon appuie sur les barres et la langue, la gourmette presse la barbe et les montants agissent sur la nuque. Ses rênes, plus fines, sont cousues.
La force du levier dépend de la longueur des branches et du réglage de la gourmette : rêne de bride tendue, la branche ne doit pas basculer de plus de 45° environ avant que la gourmette n’agisse. Le pelham, lui, réunit les deux actions sur un seul canon à branches, souvent avec deux paires de rênes.
Bien choisir et bien régler un mors
- La largeur : le mors dépasse d’environ un demi-centimètre de chaque côté de la bouche, sans pincer ni glisser.
- La hauteur : il forme un léger pli aux commissures — un pli, deux au plus. Trop bas, il cogne les dents ; trop haut, il tire les lèvres.
- L’épaisseur : plus épais, plus doux, si la bouche du cheval a la place de le loger.
- Le règlement : en compétition, chaque discipline publie la liste des mors autorisés ; vérifiez-la avant de vous engager.
Erreur fréquente
Croire qu’un mors plus « fort » réglera un cheval qui tire. Le mors le plus doux devient dur dans une main raide : c’est d’abord la main qu’on corrige, avec son enseignant.
Le mot du moniteur
On ne met pas une bride pour avoir plus de freins, mais pour avoir plus de nuances. Le cheval qui manque de freins a surtout besoin de plus de travail en filet.
Questions fréquentes
- Quel est le mors le plus doux pour un cheval ?
- Un mors de filet à canon épais, souvent à double brisure ou en matière souple, monté à la bonne largeur et à la bonne hauteur. Mais aucun mors n’est doux dans une main dure : la douceur vient d’abord du cavalier.
- Quelle est la différence entre un filet et une bride ?
- Le filet porte un seul mors qui agit sans levier, dans le prolongement de la rêne. La bride porte deux mors : un filet fin, releveur, et un mors de bride à branches et gourmette, fléchisseur, qui agit par levier.
- À quoi sert un mors à aiguilles ?
- Ses deux branches verticales appuient sur les joues et empêchent le mors de traverser la bouche : il aide le cheval à tourner. C’est un mors très utilisé pour les jeunes chevaux.
- Comment savoir si un mors est à la bonne taille ?
- Il doit dépasser d’environ un demi-centimètre de chaque côté de la bouche et former un léger pli aux commissures. S’il pince les lèvres, il est trop étroit ; s’il glisse d’un côté à l’autre, il est trop large.
- À quel Galop apprend-on les mors ?
- Les mors de filet usuels sont au programme du Galop 4, les principaux mors de filet — releveur et Pessoa compris — au Galop 5, et la bride au Galop 7.